Depuis 40 ans, Dominique Cravic et ses Primitifs du Futur arpentent les bas-fonds musicaux du XXe siècle — musette, swing manouche, tango, blues des faubourgs. Quand Robert Crumb dessine la pochette, c'est que le crime est parfait.
Dossier de presse / Press release
« Anyone can create the future but only a wise man can create the past… » Vladimir Nabokov
« The television will not be revolutionized… » Gil Scott Heron
LE PEUPLE DES PRIMITIFS, EFFECTIFS À CE JOUR (20/05/2026)
GALILÉE AL RIFAI • ALAIN ANTONIETTO • LAURA ANTONIETTO • PATRICK ARTERO JEAN-CLAUDE ASSELIN • AGATHE AUGER • CHARLOTTE AUGER • BERTRAND AUGER • MARCEL AZZOLA • MOHAMMED BAAZI EL YAZID • JULIEN BAER • ANTHONY BALDWIN ANDRÉ BARBEL • PHILIPPE BARBOT • RAÙL BARBOZA • OPHÉLIA BARD • DANIEL BARDA • LA BÂRONNE DE PANAME • MAÏA BAROUH • PIERRE BAROUH • PHILIPPE BAUDOIN BRAHIM BELBALI • FÉLIX BELLEAU • PHILIPPE BELLET • FRANCK BERGEROT • OLIVIER BLAVET JACQUES BOLOGNESI • JUSTIN BONNET • XAVIER BONNET • FLORIAN BONNIN • CÉDRIK BOULE JEAN-MARC BRAMY • LISE CABARET • ARSÈNE CASSANGE • RÉGIS CECCARELLI FRANÇOIS CHARLE • JEAN-PIERRE CHATY • GILLES CHEVAUCHERIE • CHRISTOPHE DANIEL COLIN • JENNY COLLÉONY • JEAN CORTI • HENRI COSTA • ANNE CRAVIC DOMINIQUE CRAVIC • NINA LOUP CRAVIC • GP CREMONINI • ROBERT CRUMB • CYNTHIA DAVIS JEAN-MICHEL DAVIS • JULIETTE PEARL DAVIS • CAMILLE DE GEORGIE • JEAN-LUC DE GIOANI BENOÎT DE PRISQUE • JULIEN DELLI-FIORI • ANTOINE DELPRAT • MARIANNE DEVOS FLORENCE DIONNEAU • FABIENNE DONDARD • BERTRAND DOUSSAIN • JEAN-YVES DUBANTON THOMAS DUTRONC • DONNY ELWOOD • CLAIRE ELZIÈRE • GÖRAN ERIKSSON • MICHEL ESBELIN MUSTAPHA ETTAMRI • SÉBASTIEN FEARON • MATHILDE FEBRER • VÉRONIQUE FÈVRE • GUY FIGLIONLOS • CLAUDE FIHMAN • PATRICK FILLEUL • MARYSE FLAHOU • BRUNO FLAHOU CORALIE FONTAYNE • PIERRE TIBOUM GUIGNON • GABRIEL MININO GARAY • LAWEN GAVALO CATHERINE “CAJOUNE” GIRARD • JEAN GOBE • JOHN GREAVES • ALAIN GUERRINI EMMANUEL GUIBERT • ERIC GUILLETON • VÉRONIQUE GUILLIEN • MICHAEL GUNREM KATHY HAMON • ANTONIA HAYWARD • BERRY HAYWARD • FLORENCE HENNEQUIN • NOËL HERVÉ • ANTONIN-TRI HOANG • JEAN-CHRISTOPHE HOAREAU • DANIEL HUCK • NATHALIE HUREAU • MONIQUE HUTTER • JEAN-PIERRE JACKSON • PHILIPPE JACQUET CHLOÉ JALQUIN • ALAIN JEAN-MARIE • FLACO JIMENEZ • BRUNO JOLY • J’IDÉE JOUANNIC • JULIETTE • TOMOAKI KATO • MAMA KEITA • HÉLOÏSE KOEMPGEN BRAMY • BERNARD KORTAS HÉLÈNE LABARRIÈRE • FLORE LACREUSE • CHRISTINE LAFÔRET • CHRISTOPHE LAMPIDECCHIA PHILIPPE LAPEYRE • AMÉLIE LAQUERBE • VANJA LARBRISSEAU • LAURENT LARCHER • PHILIPPE LAROZA • THOMAS LARTIGUE • JEAN-CLAUDE LAUDAT • CYRIL LEFÈBVRE GUY LEFEBVRE • HERVÉ LEGEAY • ARNAUD LEGRAND • ANNICK LELLI • ALLAIN LEPREST • DAVID LEWIS • DIDIER LOCKWOOD • PHILIPPE LOPES DE SA • SERGE LOPEZ • PIERRE LOUKI FAY LOVSKY • ÉLOÏSE MABILLE • FRANCK MARCO • LYDIA MARTINICO • MAURANE • IAN Mc CAMY • KHIREDDINE MEDJOUBI • THIBAUD MERLE • ARNAUD MERLIN JEAN-PIERRE MEUNIER • GRÉGOIRE MEUNIER • RAPHAËL MEYRIER • PIERRE MEYRIER SILVANO MICHELINO • DANIEL MILLE • JEAN-JACQUES MILTEAU • MIEKO MIYAZAKI OLIVIER MORET • MARC-ÉDOUARD NABE • SAÏDA NAIT-BOUDA • KAZU NEGISHI FRANÇOIS OVIDE • FRANÇOIS PARISI • VALENTIN PELLET • DANIEL PEZ • ROLAND PIERRE-CHARLES DOMINIQUE PIFARÉLY • RENAUD-GABRIEL PION • JEAN-BAPTISTE PUYRAUD • JOSEPH RACAILLE • GABRIELLE RACHEL • THIBAUD RANCE • BOBBY RANGELL • JÉRÔME REY DANIEL RICHARD • MARC RICHARD • NATHANAËL RINDERKNECHT • TIMOTHÉE RINDERKNECHT MAX ROBIN • JEAN-NOËL ROCHUT • THIERRY ROQUES • PASCAL ROUSSEL • DIDIER ROUSSIN OLIVIA RUIZ • PIERRE SANGRA • SANSEVERINO • ROBERT SANTIAGO • YUKI SATO JACQUES SCHNECK • DIETER SCHULZE • BRADNEY SCOTT • VINCENT SÉGAL • LAURE SERRIER ÉMILE SOTOCA • LIONEL SUAREZ • PATRICK TANDIN • MATHIEU TAROT • SHONA TAYLOR MARC THOMAS • YVES TORCHINSKY • TONY TRUANT • LUIGI TRUSSARDI • CLAUDINE VALADIER • LAURENT VALERO • SEPPE VANDE WALLE • ISABELLE VANDEL SILVAIN VANOT • GEORGES VARENNE • FRANCIS VARIS • STEVE VERBECKE • DIDIER VERDEILLE GRÉGORY VEUX • RÉMY VIADERO • HIPPOLYTE DE VILLÈLE • JEAN-PHILIPPE VIRET EVELYNE VOILLAUME • JOHANNA WELTER • TANIA ZOPPI
Allain Leprest, Pierre Barouh/Dominique Cravic – Éditions Saravah
Toi le passant au chapeau triste
Regarde l’accordéoniste
Et vois ses dix doigts qui tricotent
Pour toi ce pull-over de notes
Dans les bistrots, sur les gondoles
Du lyrisme à la gaudriole
De la romance au tintamarre
Pour ceux qui rêvent ou qui se marrent
Rois du guidon
Petite reine
Rives du Don
Ou de la Seine
Tango salon
Des bars, des bouges
Partout où l’on
Flambe où ça bouge
Frevo, baïon
Le blues, le jazz
Cœur des chansons
Il tangue, il jase
Plissé comme jupe de fille
Il attend au bout de ses trilles
Piano en forme d’arc en ciel
Un vague retour des hirondelles
Souvent l’on croit tournée la page
Rock et synthés dans les parages
De loin il revient
Il se glisse
L’enfance, un parfum
De réglisse
Au vu au fond
De sa musette
Refrain, flonflons
Du bal musette
Django sillon
Trace magique
Gabin, gardons
La Belle Équipe
Dans le giron
Des belles images
Nous espérons
De beaux voyages
La beauté du mot crépuscule
Rêves éperdus qui se bousculent
L’été, la pluie, le chèvrefeuille
Il les aspire et les effeuille
Souffle fécond
Tout ce qu’il offre
Baba prénom
Ali ton coffre
N’est qu’illusion
Face aux tendresses
D’un vieux Léon
Dont les richesses
À l’abandon
De nos partages
Loin des néons
Du maquillage
L’accordéon
Offre le gage
De ces chansons
Qui sont sans âge
Sur tous les chemins de l’errance
D’exil aux portes d’espérance
Il se peut qu’il soit le sésame
Qui ouvre le chemin de l’âme
Les ports, les ponts
Les quais de gare
L’accordéon
Comble l’écart
Il fait le don
D’un autre part
Glisse un pardon
Dans les regards
Ce tourbillon
De nacre bleue
C’est des boutons
Pas contagieux
Plie ton veston
Oublie l’épate
Découd le nom
De ta cravate
Ce fanfaron
Réduit l’espace
Là dans la ronde
Où le temps passe
Bulles de savon
Ou fil d’Ariane
Du Nord il fond
Sur la Louisiane
Dans le sillon
De l’anche libre
Les émotions tissent leurs fibres
La beauté du mot crépuscule
Rêves éperdus qui se bousculent
Allain Leprest / Dominique Cravic – Mahaut Publishing
Mon vieux frangin c’est pas des heures
Pour déranger mais ça m’démange
J’ai le corazon dans l’freezer
La Solange, tu t’rappelles Solange
Celle qui t’a couté tant d’mouchoirs
Celle qui nous a fâché à mort
Celle qui parfois venait s’asseoir
Au creux d’ma main qu’j’en ai des r’mords
Ouais celle-là tout feu tout flamme
Je te demande pas pitié
Celle que t’appelais ma femme
Hé bin ta femme m’a quitté
Les femmes on s’ra toujours leurs chiens
Ouah, ouah, ouah t’as pris la pâtée
Pas parc’qu’ t’étais qu’un musicien
Laissons le talent de côté
Disons qu’un soir ell’ m’trouva beau
Because j’étais sur l’devant de la scène
Tout beau comme le pont Mirabeau
Qui nœud-papillonne sur la Seine
Vieux frangin j’ai des bleus à l’âme
Piment des chairs putain d’beauté
Ton béguin ton trésor ta came
Ta femme, ta femme m’a quitté
Tiens voilà que j’ai plus d’forfait
Que mon oreiller perd ses plumes
Je m’y f’rai comme tu t’y es fait
Pour tout pendentif une enclume
Excuse-moi pour le faire-part
Excuse-moi pour la double peine
Entonnons le chant du départ
Solange adieu, la coupe est pleine
J’ sais qu’c’est pas beau entre copains
Je sais qu’c’est un peu culotté
Quand on a volé tout son pain
De lui réclamer sa moitié
Mec trinquons à la liberté
Solange on en fait pas un drame
Solange qui nous a quitté
Qui nous a cuité, notre femme
Qui nous a quitté, notre femme
Boule/Dominique Cravic
Fujita mon amie tokyoïte
Arrive seule à Paris
Afin de vivre quelques coïts
Loin des yeux de son mari
Sur un petit banc sous une glycine
Elle vit des aventures
Homme ou femme de toutes origines
Elle aime c’est sa nature
Dans le jardin du Luxembourg
Après un charmant petit bonjour
Tous deux s’asseyaient gentiment
Aux bouts opposés du même banc
Lorsque les oiseaux devant eux s’bécotaient
Ils se regardaient puis souriaient
Et c’est ainsi que nait l’amour
Dans le beau jardin du Luxembourg
Fujita raconte le printemps
Et les cerisiers en fleurs
Elle marque la pause un instant
Quand passent les sénateurs
Sur son petit banc sous une glycine
Ne s’arrête pas quiconque
Fujita a tout d’une colombine
Elle sait mener sa jonque
Lorsque les oiseaux devant eux s’bécotaient
Ils se regardaient puis souriaient
Et c’est ainsi que nait l’amour
Dans le beau jardin du Luxembourg
Emmanuel Guibert / Dominique Cravic, Daniel Colin
Voyez sous le volcan sur les flancs de la Butte
Montmartre le matin ses cendres refroidies
Descendre le satin la martre et l’organdi
Et sortir du cancan ou de ce bar à putes
Des petits musiciens tous farcis de fumée
Dont les ongles cassés s’accrochent à la nuit
Non sans peine froissée dans le fond de l’étui
Promené comme un chien sur la place enrhumée
Pigalle il est pas d’heure mais un bar est ouvert
Tu brandis le billet conquis de haute lutte
Sur un déshabillé qui sirotait sa flûte
À ce percolateur que le noir est amer
Car la pause bonhomme est de courte durée
Il te faut ressortir dans le froid de novembre
Tu sens déjà roidir les moulins de tes membres
À part l’unique en somme qui sait réconforter
Les petits musiciens tout couverts de gravats
Qui sont sortis vivants de cette catastrophe
Chassés par le parlant des salles limitrophes
Du Royal Saint-Martin, de l’Éden Opéra
Remontent comme un banc de saumons les rivières
Jusqu’au lac où Clichy se change en Rochechouart
Le clope à la branchie la chique à la mâchoire
Le ban l’arrière-ban du faubourg Poissonnière
Toi tu es l’un d’entre eux ni plus con ni plus louche
Avec ton pardessus et ton feutre de lièvre
Et ta tête qui sue d’avoir un peu de fièvre
Et ton caisson poudreux de guitare manouche
Les petits musiciens tout pantelants d’espoir
Sont ici qui se vendent on peut dire à l’encan
L’un goûte le jazz band et l’autre les trois temps
Mais prends donc ce qui vient c’est la loi du trottoir
Voici les Carrara on demande un saxo
Maurice Alexander lui cherche un cornettiste
Et soudain c’est Viseur qui veut son guitariste
Ce soir à l’Alhambra demain au Mikado
As-tu petit gitan décroché la timbale
L’histoire ne le dit pas elle a tout effacé
Si tu fais les cent pas toujours dans le passé
Pense à moi qui t’attends sur la place Pigalle
Emmanuel Guibert/Dominique Cravic
Dans la famille Bossa Nova
Je voudrais s’il te plaît le père
Tu veux le père tiens le voilà
C’est le dénommé Jean Gilbert
Cet homme très extraordinaire
Né un beau jour à Bahia
Bossa, innova
Sous les bravos et les vivats
Dans la plus haute stratosphère
De la musique populaire
Vois ce train
Dans le matin
Longeant un littoral
La mer à gauche
À droite de la végétaçao
Nulle destinaçao
La loco
N’est pas
À vapeur
Elle est à
Douceur et sua
Vité mais elle brasse aussi
Quoi donc ?
De la mélancolie
Aaaah ! Que saudade !
L’océan que l’on voit scintiller sans vacarme
Sous un azur qui n’a rien de menaçant
Si notre train venait à basculer dedans
Lors on s’apercevrait qu’il a le goût des larmes
Mais le train continue et l’on est sous le charme
De ces gens entrevus qui marchent mollement
Filles d’Ipanema ou garçons du Sertao
Pour lesquels on voudrait actionner l’alarme
On est assis tout seul dans ce compartiment
L’air et la lumière circulent librement
Le ciel au couchant devient rose parme
Il est l’heure pour nous de mettre bas les armes
Avec autorité un assoupissement
Nous bande les yeux de ses mains de gendarme
Dans la famille Bossa Nova
Je voudrais s’il te plaît la fille
Tu veux la fille tiens la voilà
Elle est belle elle s’appelle Bebel
En chaloupant elle suit les traces
Qu’a laissées sur la blanche plage
Cet homme douloureux
Dont on ignore s’il fut heureux
Mais qui nous a légués en gage
Ses enfants et ses paysages
Vois ce train
Dans le matin
Longeant un littoral
La mer à gauche
À droite de la végétaçao
Nulle destinaçao, Nulle destinaçao
Nulle destinaçao, Nulle destinaçao
Nulle destinaçao, Nulle destinaçao
Emmanuel Guibert/Dominique Cravic
T’as vu
La vue
Du balcon
Y a tout
Chatou
Malmaison
On peut
Si tu veux
Mettre un parasol
La table
Pliable
Et même une console
Deux chaises
À l’aise
De ce côté
Pour voir
Le soir
Se lever
Des plantes
Une menthe
Et un brin d’aneth
Pour tes
Sorbets
Et mes vinaigrettes
Accroché dans le ciel
Façon porte-savon
Il est providentiel
Ce balcon
Les nuages alignés comme des singes
Iront s’égoutter à la corde à linge
Une chouette
Girouette
Nous dira
Le vent
Le temps
Les frimas
Je pensais
Fixer
Une petite mangeoire
Mésanges
Et anges
Viendront s’y asseoir
Un voile
D’étoiles
S’étendra
Sur nous
Très doux
Comme un drap
Des zincs
Au zinc
De notre toiture
Boiront
Tout rond
Nos verres de Saumur
Accroché dans le ciel
Façon porte-savon
Il est providentiel
Ce balcon
Sur des lieues et des lieues on feuillète
Le roman des banlieues aux fenêtres
Dis donc…
T’entends cette petite musique, là ?
D’où qu’elle sort ?
D’un transistor ?
Oh ça doit être plutôt un MP3
C’est joli en tout cas
T’as vu
La vue
Du balcon
Y a tout
Chatou
Montesson
On peut
Tant qu’on peut
Grimper les étages
Rester
Perchés
Sur ce paysage
Accroché dans le ciel façon porte-savon
Il est providentiel ce balcon
Les nuages alignés comme des singes
Iront s’égoutter à la corde à linge
Accroché dans le ciel
Façon porte-savon
Il est providentiel
Ce balcon
Sur des lieues et des lieues on feuillète
Le roman des banlieues aux fenêtres
Alors, quoi…
On se l’achète, ce petit balcon ?
T’es marrant, toi… vec quels ronds ?
Philippe Paringaux/Dominique Cravic
Chet Baker
Allongé sur son lit
Fume une cigarette
Et joue un air à lui
Chet Baker
Décide que ça l’ennuie
Il range sa trompette
Et referme l’étui
Chet Baker
Je me souviens de lui
Un musicien rêveur
Cool comme le paradis
Chet Baker
Sa cigarette finie
Va ouvrir la fenêtre
Et s’envole dans la nuit
Chet Baker
Tombe et tombe au ralenti
Comme un ange sans ailes
Chassé du paradis
Chet Baker
Je me souviens de lui
Un musicien rêveur
Cool comme le paradis
Comme un ange sans ailes
Chassé du paradis
Un musicien rêveur
Cool comme le paradis
Roland Valade, Claude-Henri Vic/Paul Desmond
Non petite fille ne fais-pas ces yeux là
Boude pas, surtout pas
Ma colombe si l’amour encore n’est pas là
Boude pas, boude pas
Quand le soleil fait briller
L’or de tes seize ans
Ne boude pas quand le soleil
Se lève à l’aurore de tes printemps
Sais-tu bien qu’un ange viendra
Déposer demain devant toi
Autant de perles et de saphirs
Que joies à venir
Oh toi ma colombe ne fais-pas ces yeux là
Boude pas, boude pas
Non petite ton amour sera bientôt là
Bien à toi, oui crois moi
Alors ma petite ne fais pas ces yeux là
Boude pas, boude pas
Ma colombe si l’amour encore n’est pas là
Boude pas, surtout pas
Quand le soleil fait briller
L’or de tes seize ans
Ne boude pas quand le soleil
Se lève à l’aurore de tes printemps
Ma colombe il faut mon amie
Qu’à travers tes lèvres qui rient
On entende des chants d’oiseaux
Alors aussitôt
Alors ma petite colombe autour de toi
Boude pas, tu verras
Tu n’auras que l’embarras du choix ce jour-là
Boude pas, boude pas, boude pas, boude pas, boude pas…
Guy Lefebvre/Dominique Pifarély
Bien des fois me prend l’envie
De partir voir du pays
Je n’embarque pas à Orly
Je n’vois pas à quoi ça sert
Car au centre de Paris
Y’a le plus beau des pays
Bien plus beau qu’l’Amazonie
Sous le verre de La Grande Serre
Y’a du cha-cha-cha dans l’air
Du cha-cha-cha dans la serre
Du Chachacha du mystère
C’est le cha-cha de La Grande Serre
À l’ombre d’un caoutchouc
Une jeune fille aux cheveux roux
J’ai les sens dessus-dessous
Et la gorge qui me serre
Je l’enlace au creux des reins
Son cœur palpite sous son sein
Elle me dit : “je me sens bien
Quand tes deux grands bras me serrent”
Y’a du cha-cha-cha dans l’air
Du cha-cha-cha dans la serre
Du cha-cha-cha, du mystère
C’est le cha-cha de La Grande Serre
Y’a du cha-cha-cha dans l’air
Du cha-cha-cha dans la serre
Du cha-cha-cha du mystère
C’est le cha-cha de La Grande Serre
L’avion nous mène à Rio
Singapour ou Macao
De palaces en casinos
Sous d’autres cieux, sous d’autres serres
Sur la piste nous dansons
L’air est doux pour la saison
Cocktails glacés nous buvons
Qu’un vieux chambellan nous sert
Y’a du cha-cha-cha dans l’air
Du cha-cha-cha dans la serre
Du cha-cha-cha du mystère
C’est le cha-cha de La Grande Serre
Mais mon rêve part en fumée
Quand vient la fin d’la journée
Oui mon rêve part en fumée
Quand l’gardien s’écrie : “On ferme !”
Fumée aux yeux
Jérôme Kern/Otto Harbach
Paroles en A. Johnston – S. Coslow-Palex-Hennevé
Ceux qui blaguent l’amour
Me disaient toujours
Que chez les amants
Rien n’est plus courant
Que l’aveuglement
Car un cœur un peu chaud
S’enflamme aussitôt
Et nuage bleu
La fumée bientôt
Obscurcit les yeux
Je riais de ces discours jaloux
Gardant mon bonheur si doux
Mais hélas cet immortel amour
N’a duré qu’un seul jour
Et je réponds aux gens
Qui me voient pleurant
Quand meurt un bon feu
La fumée bien longtemps
Brûle encore les yeux
Paroles Jérôme Kern Musique Otto Harbach
Paroles en français A. Johnston – L. Palex et L. Hennevé
Ceux qui blaguent l’amour
Me disaient toujours
Que chez les amants
Rien n’est plus courant
Que l’aveuglement
Car un cœur un peu chaud
S’enflamme aussitôt
Et nuage bleu
La fumée bientôt
Obscurcit les yeux
Je riais de ces discours jaloux
Gardant mon bonheur si doux
Mais hélas cet immortel amour
N’a duré qu’un seul jour
Et je réponds aux gens
Qui me voient pleurant
Quand meurt un bon feu
La fumée bien longtemps
Brûle encore les yeux
Dominique Cravic/Dominique Cravic, Fay Lovsky
Quand je passe devant les canards laqués, bronzés,
Bien alignés des Frères Tang à Belleville
L’autre quartier chinois
Remontent des abysses
Comme des calamars géants, des bulles,
Les images d’autres Frères tendres d’un autre temps
Et je sens le glutamate me resserrer les tempes
C’était mon repère de la Murène…
C’était du côté de Sichuan dans ce resto
Y avait Arnaud, y avait Marco
C’étaient un peu nos loges à nous, les musicos
Oui ça tanguait avec le gang
On mélangeait le yin, Neil Young
L’choix du vin prenait un temps fou
Comme les négos à Dien Bien Phu
La bouteille de rosé chinois c’était au choix
Ou Bordeaux, château inconnu
Grippe de Bercy, château migraine
Château pointu, du supérieur
Et casque à pointe à l’intérieur
Mais le Golden Fish est bourré qui a versé
L’verre de saké dans l’aquarium
Pourtant c’était bien précisé sur l’écriteau
Ne pas nourrir les animaux
Sur l’aquarium du Sébasto
Mais les poissons rouges se la pètent
Comme des vedettes
Ils se prennent pour des carpes koï
Comme celles qui font des bisous à Pierre Barouh
Et pourtant ils n’auront jamais sur la Croisette
Les éclairs des flashs des starlettes
Et moins encore le napalm d’or
Ça revenait sur le tapis le tapis vert
Têtes en roue libre autour d’un verre
Les souvenirs et les soupirs de nos cœurs verts
Rouges, ils flottaient comme des mines
Façon méduses en mer de Chine
Blon Blon lui rassemblait ses troupes
Brel en déroute
En finissant sa soupe froide
Sans jamais sortir d’Saïgon
Les papiers gras des hamburgers
Volaient dans l’air
En rase motte sur le trottoir
On rentrait dans nos polaires noires
L’Archipel nous faisait des signes
Chez Monsieur Xin
Nous on répondait à l’appel
“Vous prendrez bien l’apéritif”
This, to me, is sheer poetry !
Paroles traditionnelles en créole recueillies par Anthony Baldwin et Dominique Cravic/Fats Waller
Personne pour parler ‘vec
Je suis tout seul
Personne pour marcher ‘vec
Mais je suis content sur l’étage
J’fé pas canaille
Je garde mon amour pour toi
Je connais pour sûr
Quelqu’un me l’aime
J’ai jamais courtisé
C’est sur toi que j’peux compter
Je garde mon amour
Je garde mon amour pour toi
Comme Jack Horner
Dans le ‘tit coin
Va pas nulle part
Quelle différence ça fait
Tes baisers vaut
Le temps d’attendre
Crois dans moi
Je reste pas dehors tard
J’veux pas aller
Chez moi zà huit heures
Just’ moi et mon radio
J’fé pas canaille
Je garde mon amour pour toi
J’fé pas canaille
Je gard’ mon amour pour toi
J’fé pas canaille
Je gard’ mon amour pour toi
Je reste pas dehors tard
J’veux pas aller
Chez moi zà huit heures
Just’ moi et mon radio
J’fé pas canaille
Je garde mon amour pour toi
Allain Leprest/Dominique Cravic – Mahaut Publishing
Quand j’étais mort
Quand j’avais mor-
Du la poussière
Dev’nu un ice-
Cream, un pain d’glace
Rue d’la Glacière
Quand j’étais raide
Quand j’étais près
D’avoir mille ans
Sous les tant pis
S’il a gaspillé son pain blanc
Quand j’ai eu r’joint
L’grand marchand d’joints
Sur son nuage
Intermittent
Inexistant
À son image
En bienheureux
Du ventre creux
Du qui dort dîne
Fier qu’mon parfum
Ressemble enfin
À çui d’James Dean
Je me rappelle
La dernière pelle
Que m’a roulé
Le fossoyeur
D’vant des voyeurs
Venus saluer
Pauvre rideau
Triste plateau
Trois planches de chêne
Coupeur d’attente
Dessous sa tente
Sans oxygène
Quand les corbeaux
M’eurent trouvé beau
Et les vers bon
Quand mon trépas
Ne trouva pas
Plus haut qu’un pont
Pour faire un vœu
Le temps de ve-
Nir voir la mer
À l’heure où sonnent
Des téléphones
Imaginaires
Je me souviens
Avoir en vain
Traité d’ordure
Le vent qui frô-
Lait un peu trop
Ma sépulture
Ce vent doux qui
M’avait ravi
L’envie de dire
Suffisamment
Qu’on va s’aimant
Comme on respire
Quand j’fus “nambule”
Un seul scrupule
Avoir peut-être
Choisi l’enfer
Sans avoir fer-
Mé la fenêtre
C’était d’espoir
D’entendre et voir
Chers estropiés
Sur mon caveau
Résonner vos
Cœurs et vos pieds
Mais soyez sûrs
Je vous rassure
Rien de changé
J’suis resté digne
Dans l’grand parking
Des allongés
Pis c’qui m’a plu
C’est d’avoir pu
Sans un remords
Péter tout seul
Dans mon linceul
Quand j’étais mort
Dans mon linceul
Quand j’étais mort
Quand j’étais mort
Dominique Cravic/Dominique Cravic
Est-ce au Produit National Brut par habitant
Que debout au seuil de ta hutte tu es pensant
Même si ton cœur ancestral butte à bout portant
Mais ne perd jamais dans la lutte le sentiment
Oh oui quelque fois ça chahute là en dedans
D’entendre ces langues de putes, de bien-pensants
Ça va, ça vient, ça crapahute ces blues rampants
Faut-il ne rechercher les brutes que chez les blancs ?
Est-il à l’épreuve des balles ton palpitant
Mais pourtant parfois il s’emballe à contretemps
Oui tous ces trucs qu’on déballe c’est écœurant
Qu’on te traite de cannibale du bout des dents.
Sous les empires, les Bonaparte d’un autre temps
Le continent noir sur la carte était tout blanc
Hachés menu ou à la carte, les contingents
Mais où voulez-vous qu’ils repartent ces pauvres gens
Dominique Cravic / Dominique Cravic
Pour calmer ta peine toi tu lis
Des vers de Verlaine dans ton lit
Toi lorsque ton cœur est groggy
Majeur ou mineur c’est ta vie
Ever faux rêveur
Mélodies de bonheur
Non rien ne me peut rendre chagrine
Evergreen
Non rien ne te peut rendre chagrine
Evergreen
Cet écrin contient l’infini
C’est comme un miroir à ma vie
Boite que l’on ouvre à minuit
Au quartier du Louvre interdit
Ever faux rêveur
Mélodies de bonheur
Non rien ne me peut rendre chagrine
Evergreen
Non rien ne te peut rendre chagrine
Evergreen
Tu es un orage dans ma vie
Dans un paysage qui fuit
Rien ne me bouleverse depuis
Plus que sous l’averse bénie
Ever faux rêveur
Mélodies de bonheur
Non rien ne me peut rendre chagrine
Evergreen
Non rien ne te peut rendre chagrine
Evergreen
Guy Lefebvre/Dominique Cravic
L’accordéoniste s’est tu
Il vient de jouer sa dernière note
Dernier soupir d’une autre époque
Dont il disait : c’était l’bon temps
L’accordéoniste s’est tu
Il a glissé sur une croche
C’est une fin qu’est pas si moche
Il est parti presque content
L’accordéoniste s’est tu
Alors qu’il jou-ait au Colibri
Un vi-eux bal tombé dans l’oubli
Qui n’f’ra jamais les P’tits Lits Blancs
L’accordéoniste s’est tu
Il a quitté tous ses amis
Le doigt sur la touche du Mi
En murmurant : valse le temps
Emmanuel Guibert/Dominique Cravic – Respect Record Publishing
Il n’y a plus d’avant
À Saint-Germain du temps
On ne reconnaît qu’à peu près
Le Saint-Germain d’après
Jetez pas Juliette
Dedans les oubliettes
Comme le fit la Gestapo
N’oubliez pas Gréco
J’entends encore sa voix grave
Dans l’escalier de la cave
Où s’enfumait l’après-guerre
Entre Odéon et les Saints-Pères
À l’hôtel de la maraude
La seule chambre avec eau chaude
Où succède un trompettiste
À un existentialiste
Tout a commencé là
À Saint-Germain des bois
La première fois qu’elle a chanté
À Saint-Germain d’été
Quelle est cette fillette
Est-ce vous Juliette
Un pantalon un caraco
Voici venir Gréco
J’entends encore sa voix neuve
Dans les rues qui vont au fleuve
Où s’enivrait l’après-guerre
Entre Danton et Garancière
À l’hôtel de la nuit noire
La seule chambre avec baignoire
Où succède un guitariste
À un crypto-communiste
Passent les décennies
À Saint-Germain des prix
Ils ont gentiment augmenté
À Saint-Germain des blés
Sans peur et sans paillettes
Revoilà Juliette
Le répertoire est en corbeau
Et c’est toujours Gréco
J’entends de loin sa voix blême
Depuis le vingt-et-unième
En attendant l’avant-guerre
Entre Tournon et rue Suger
À l’hôtel de la vieille dame
La seule chambre sans Instagram
Par la sortie des artistes
S’en va l’accordéoniste
Par la sortie des artistes
S’en va l’accordéoniste.
Jean Boyer/Friedrich Hollaender
Mesdames et messieurs
Ne tirez pas sur le pianiste
Mesdames et messieurs
Il fait c’qu’il peut c’est un artiste
Si vous trouvez qu’il joue comme un raté
Vaut mieux les ratés, vaut mieux le rater
Mesdames et messieurs
Tirez plutôt sur le caviste
Mesdames et messieurs
Visez le bien c’est un fumiste
Il gagne sur chaque bouteille qu’il vend quatre-vingts balles
C’est bien assez pour s’payer l’hôpital.
Paroles en français Dominique Cravic/Chummy MacGregor et Johnny Mercer
Arrangement Gil Evans et Bertrand Auger
Moon Dreams
C’est si doux à danser
Danser
Danser pieds nus sur le gravier
Au bord d’la piscine
Little fifteen
Les oreilles bouchées
Bouchées aux doux mensonges
D’une nuit d’été
Moon Dreams
Si fa si la danser
Danser
Suffit de poser les pieds
Suivre les empreintes mouillées
Mouillées comme imprimées sur le ciment
De la piscine spartiate et magique de Beauregard
De jour, comme des Indiens, des grenouilles ou des libellules
Ils brassent, ils crawlent, sous l’eau ou en surface
Anne, Marianne, François et François,
Denis, Maurice et Minoune, et Mico
De nuit ils dansent
Ce soir, c’est leur dernier petit bain
Un bain de minuit qui les réunit
Mais après l’été les attend le grand bain
Dont ils se passeraient bien
Et minuit sonne à leur électrophone
Lee, Miles, Gerry, Gil, Gunther et les autres rois mages
Sont réunis autour du berceau de leur premier baby cool
Leur musique gravée au creux du sillon
S’échappe du vinyle
Comme jadis, Aladin libérant le génie de sa lampe merveilleuse
Ô comme ils s’aimaient eux aussi
Gus Kahn/Richard Armstrong Whiting
Paroles en Italien GP Cremonini
Arrangement Fay Lovsky
Ho visto splendere il chiaro di luna
sulla baia di Honolulu
Dove tutte le spiagge sono piene di belle ragazze che arrivano li con il loro cinguettii
E nella dolcissima luce di quel chiaro di luna
Si compiacciono nel sussurrare le lore canzoni
E se voi amate
Ukulélé Lady vi amerà
Ukulélé Lady
Giuratele d’essere sempre sincero
Perché se lei vedesse un’altra innamorarsi di voi certo
Sospirerà
Nella baia di Honolulu
Mmh, Madame
Ukulelalmi
Ukulela-mi, ukulela-ti
Ukulellandoci
Guarda, laggù
Quel canto di luce
Quella luce d’incanto
Philippe Paringaux/Herman Hupfeld
C’était un soir de pluie
J’ai mis mon feutre et puis
Sans bruit je l’ai suivie
Je suis un détective privé
Privé d’amour
Il pleut sous mon chapeau
Mon cœur aussi prend l’eau
Je la suis nuit et jour
Dans les rues les allées privées
Privé d’amour
Je suis un chasseur de cœurs sans espoir
Je suis un voleur d’amours dans le noir
Romances cachées et rendez-vous secrets
Tout est dans mon carnet
Cette ombre que je poursuis
Un jour m’avait appris
L’amour l’après midi
Le lendemain elle m’a privé
Privé d’amour
Dans une chambre d’hôtel
Une femme infidèle
Attend la fin du jour
Et il pleut sur ma vie privée
Privé d’amour
Guy Lefebvre/Dominique Cravic
Samedi soir Porte d’Orléans
J’vais danser chez Tristano
Pompes en chevreau, costard blanc
Œil de braise sous les projos
Ça ondule à cinq ou six
Sur Mardi Gras in New-Orleans
J’alpague un joli p’tit lot
Avec des pompes à lanières
Je lui passe la main dans l’dos
Croyez-moi j’ai la manière
J’l’embrasse dans l’cou pas brutal
Elle me balance une mandale
Je vois rappliquer du bar
Un homme grand brun et musclé
Qui m’pointe avec un pétard
Et me refile une raclée
I’ m’dit : “j’sais c’que t’es v’nu faire
Laisse tes paluches au vestiaire”
Sur ce, l’videur patenté
Me dit : “laisse tomber mon gars
Pour ce soir j’crois qu’c’est rappé,
Tu f’rais mieux d’rentrer chez toi”
Et de peur que j’comprenne pas
Il me balance un coup bas
Samedi soir Porte d’Orléans
J’irai plus chez Tristano
Pompes en chevreau costard blanc
J’danserai plus le calypso
Car je sais comment s’termine
Le mardi gras in New-Orleans
Car je sais comment s’termine
Le mardi gras in New-Orleans
Claude Lemesle/Dominique Cravic
Souvent sur ma guitare
Un air un peu bizarre
S’égare
Un sourire
De Guyane
Qui paraît me dire :
“J’accompagne
Tes rêves de chercheur d’or”
C’est la valse douce d’Henri Salvador
Et sa voix
Tendre et calme
Me conduit parfois
Sous les palmes
D’une île où mon spleen s’endort
C’est la valse douce d’Henri Salvador
Et quand il les accorde
Je sens bien que mes cordes
Se tordent
D’un fou-rire
D’enfant triste
Tout heureux d’offrir
Aux artistes
Cet amour qui brille encore
Dans la valse douce d’Henri Salvador
Et sa main
Bossa nove
Il joue pour demain
Il innove
Le vrai remède à la mort
C’est la valse douce d’Henri Salvador.
Dominique Cravic/Dominique Cravic
Tous les jeudis on peut voir
Sur le quai de la gare
Gino et sa guitare
Il lorgne à la dérobée
Sa pauvre main gantée
La gauche, qu’il n’aurait pas dû confier
Promesses d’accords inouïs
Contre un coup d’bistouri
Un pacte avec le diable
Un maniaque du scalpel un apprenti sorcier
Bien sûr tout ça a très mal tourné
Il est vraiment sympathique
Ce jeune Patrick
Si molto simpatico
Questo Modiano
Ah lui, tu le vois bien
Devenir musicien
Devenir quelqu’un
Enfin quelqu’un de bien
Il est très grand pour son âge
Et là-haut sur son nuage
Django lui tient compagnie
Ton ami d’la Porte d’Ivry
Mais tous les dimanches
Sur la nappe à carreaux
Avec tous tes amis
En O, en A, en I
De belles valses musette
Des guirlandes dans la tête
Et pour la mélancolie
Quelques beaux airs d’Italie
Avec ton ami Fredo
Du club des cent kilos
Mieux l’avoir en photo
“Un bel homme” comme on dit
Prévoir deux chaises pour lui
Gino prend peur quand il engloutit
Chapeau vissé sur la tête
C’est Louis Ferrari
Calvitie en cachette
Il va lui jouer Domino
À son ami Gino
La valse qu’il a finie tantôt
Voici venir l’heure d’été
L’heure de les quitter
Mais personne ne regrette
L’heure de la retraite
Distraits pour la plupart
Fermés à tes histoires
Tous ces gosses de riches
Tous ces élèves qui s’en fichent
Pour savourer ton point d’orgue
Ta dernière Isle-sur-la-Sorgue
Cyprès, si près du bonheur
Ton beau pays d’Hawailleurs.